"Ce n'est pas vrai. Tu n'es pas un homme. Je ne suis pas une femme. Et puis moi non-plus je ne comprend rien à mes larmes. Quand je pleure, je n'ai pas vraiment mal, je ne souffre pas; j'ai seulement peur. Quand je pleure, je ne veux pas être seule pour pleurer, c'est tout. Pleurer ne fait vraiment mal que lorsqu'on a personne ou que ceux qu'on a nous laisse pleurer tout seul. Il faut s'appuyer contre quelqu'un qu'on aime pour bien pleurer. Tout à l'heure, contre toi, j'avais tant de plaisirs à pleurer; chaque larme me soulageait tellement, m'apaisait tellement que j'avais envie que ça dure toute la nuit, toute la vie. Pourquoi m'as-tu repoussée. Tu n'as pas de coeur. Sans coeur! Sans coeur! Méchant! Pourquoi?"
" C'est à cause des hommes que je me suicide. Chaque être humain m'affecte: c'est l'affection, l'amitié, l'amour, la haine. J'ai l'âme constipée d'affection, l'affection m'écoeure, l'affection de marche jamais. Je me tue parce que je ne pourrais vivre que complétement seul et qu'on ne peut pas vivre complétement seul. Pourquoi est-ce que je ne jouie pas de la paix? Mourir, c'est ce qu'il faut."
"Mille Milles! Mille Milles! Viens me chercher, je brûle! Viens me chercher, j'éclate! Je me donne à toi de toutes mes forces! Je ta'ppartiens corps et âme! Viens me prendre! Viens me sauver! Mon amour! Mon amour! Mon trésor! Mon trésor! Tu ne peux pas ne pas vouloir de moi! Je suis si belle! Je suis si riche! Je suis pleine de pétrole, de vinaigre et d'acide. Viens me chercher! Tu feras des millions avec moi! Mon ami! Mon ami! Celui qui se dressera sur notre route, je l'abattrai, je le jugulerai, j'injecterai du scianure de potassium dans les pommes de terre bouillies qu'il mange!
Aimer, c'est se choisir quelqu'un et se faire prendre par lui. Viens me prendre!Je t'aime! J'ai besoin de toi! Fais un trou dans les ténèbres et montre ton nez! Viens! Viens! Tu ne me reconnais pas? Je suis la folle prisonnière en moi! Je suis ton amie, ton amour, ton trésor, ton chou, ta mère, ton frère, ta soeur Bérénice.
Quel temps fait-il où tu es? Ici il fait DECADABACROUTICALTAQUE!"
textes tirés de la pièce "A quelle heure on meurt?" montage de textes de Réjean Ducharme par Martin Faucher


